Journal – Mon volontariat dans une ferme biologique de l’Alberta

Au cœur d'une ferme biologique en Alberta - Un moment de convivialité quotidien autour de la table - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Au cœur d’une ferme biologique en Alberta – Moment de convivialité quotidien autour de la table – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

J’ai hésité longuement avant de publier ce bout de vie qui suit, mais je me lance car je n’arrive pas à trouver comment vous expliquer autrement que par mon journal le wwoofing que j’ai vécu en Alberta en septembre 2013. A la base je n’avais pas écrit ce journal dans le but de le publier, je faisais ça juste pour moi, au jour le jour. Mais au final et avec un mois de recul, je me dis que ça peut être intéressant pour vous de suivre ce qu’il peut se passer dans la vie et dans la tête d’une PVTiste au quotidien, sur une dizaine de jours (extrapolez ensuite sur plusieurs mois…!). Après tout, je tiens ce blog pour être sincère et pour partager, je ne suis pas là pour vendre des destinations de rêve mais pour vous montrer (de par mon expérience) toute l’intensité, la diversité et les difficultés d’un voyage. Je change donc de style pour cet article et vous invite à rentrer dans ma tête pour un instant (un peu long certes)… Les photos qui accompagnent mes pensées ont été prises par mon amie photographe Marie Seillery (de passage dans la ferme, le dernier jour). Je la remercie pour avoir su capter  la beauté de ce lieu et de cette famille. 

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Samedi 21 septembre 2013 (Jour 1)

La maison annexe des wwoofers, où Jesse, Jacob et moi vivons. - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

La maison annexe des wwoofers, où Jesse, Jacob et moi vivons. – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Aujourd’hui cela fait exactement quatre mois que je suis au Canada et je viens d’arriver dans mon nouveau wwoofing. C’est déjà le sixième endroit où je suis volontaire, ça passe vite ! J’arrive depuis Jasper, découvrir le parc national durant quelques jours a été un vrai régal mais cela dit j’ai encore en tête mon dernier volontariat à Cortes Island. La vie sur l’île me manque, et la beauté des rocheuses n’a pas réussi à combler ce manque. Ce n’est pas si facile de voyager, j’étais vraiment très attachée à cette île et à ces gens… Mais bon, allons de l’avant, me voici donc fraîchement débarquée dans une grande ferme de 650 acres (enfin ici ils disent que 650 acres ce n’est pas si grand !). Cette fois-ci c’est le vrai wwoofing digne de ce nom. Je vais vivre et travailler dans une des rares fermes biologiques de l’Alberta (qui n’est pas du tout une province réputée pour cela…). Il n’y a pas Internet ici, alors j’ai décidé de tenir ce journal quotidien sur word, ça me fera du bien de pianoter, même hors ligne ! Ce premier jour a été reposant, c’est samedi et je suis arrivée en plein moment de festivité (un anniversaire). J’ai fait la connaissance de la famille : Peter et Mary (les parents), Lisa (la fille avec qui j’étais en contact), Eric (le frère) et la grand-mère de Peter (GrandMa tout simplement). Il y a aussi Jesse avec qui je vais vivre dans la maison annexe (un wwoofer permanent !) et Jamah (qui vient d’Afrique du sud). On a fait un feu dehors près de l’arbre qu’ils appellent le « tree party » ! Il est magnifique. Pour accompagner ce premier moment, nous avons mangé de la crème glacée aux framboises faite maison (j’ai pu voir la fin de la préparation) et un chocolat chaud maison réalisé par Jamah (il est fabricant de chocolat bio !). Ambiance chaleureuse pour cette première journée, j’ai été bien accueillie et je sens que je vais encore (trop) bien manger !

Dimanche 22 septembre 2013 (Jour 2)

Dis, on va voir les vaches !? - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Dis, on va voir les vaches !? – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

C’est dimanche, mais pas de grasse matinée en vue ! Levée à 7 heures pour aller s’occuper des animaux avec Jesse ! Alors traire une vache c’était une grande première pour moi. Bon je ne vais pas aussi vite que Jesse mais il m’a dit que j’avais le bon coup de main (en effet, c’est plus facile que sur une chèvre). Ça viendra petit à petit, tous les jours à 7h je serai en mode « milking ». Après cela il faut s’occuper de nourrir les porcs (18 sauts de graines qu’est ce qu’ils mangent dis donc) et changer l’eau. On fini la ronde par un coup d’œil sur les moutons et agneaux, puis on nourrit les poules. Ça c’est pour la partie des animaux, tous les matins, avant le petit déjeuner préparé par Mary, vers 8h30.

J’ai découvert leur « veggies bus », c’est une superbe idée ! Ils ont acheté cette année deux bus à une école pour trois fois rien et ils ont réaménagé l’intérieur avec des frigos ! Durant toute la saison printemps / été, ils confectionnent chaque semaine des paniers de légumes bio  et ils vont les vendre en ville à bord du bus (les paniers sont gardés au frais) ! C’est super convivial et original ! Les gens montent en famille dans le bus pour découvrir leurs légumes de la semaine. L’année prochaine ils vont même le peindre. Je leur ai suggéré d’expliquer les produits et de créer des recettes sur une feuille recto verso chaque semaine (à insérer dans les paniers). Je me suis souvenue qu’ils faisaient ça à Lille (le « bio cabas » et « la feuille de chou ») c’était super pour apprendre, expérimenter des recettes et donner envie de manger sain tout simplement.

Avant le lunch on est parti avec Peter faire un tour avec le truck pour aller checker toutes les vaches (changement de place et renouvellement de l’eau). On a bien parlé, il est trop drôle, sympa et intéressant. J’ai posé beaucoup de questions pour comprendre la ferme et son engagement dans l’agriculture biologique, car c’est vraiment rarissime ici… Je sens que cette famille va me plaire.

L’après midi j’ai eu un gros coup de fatigue, mon cerveau j’ai l’impression qu’il explose. L’anglais peut être ?… Bref je me suis endormie… Je ne me sens pas au top de ma forme, j’ai mal à la tête. Trop d’émotions, trop de choses depuis 4 mois. Je dois faire attention au burn out.

Le dîner m’a requinqué ! Les temps à table sont très importants, on mange super bien avec toute la famille et Peter raconte plein d’histoires. Jamah était là aussi, il est revenu avec son chocolat bio. Il le confectionne lui-même avec sa recette secrète, c’est le meilleur chocolat que j’ai jamais mangé, je sais juste qu’il n’est pas réalisé avec du sucre, mais avec du miel. Et que la confection est « Raw » c’est-à-dire brute. Ça chauffe à 40°, ce n’est pas bouilli à 100° comme ils le font ailleurs. De manière générale, ils sont anti sucre ici, car ce n’est pas bon pour la santé contrairement au miel. Sinon, j’ai appris des choses sur le biodynamisme à la ferme, sur l’importance de l’énergie, du cycle lunaire et du bio compostage. Peter m’a fait rire, il est incapable de prononcer mon nom, alors je lui ai dit de penser en italien. Il a écrit sur le tableau Laëtitia = Layteeseea ! A part ça je me surprends tous les jours à progresser dans ma compréhension de l’anglais et dans ma prise de parole. Ça va un peu mieux même si mon oral est chaotique, ça m’amuse.

Lundi 23 septembre 2013 (Jour 3)

Peter et ses vaches ! - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Peter et ses vaches ! – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

La nuit a été courte, je n’ai pas trouvé le sommeil. Le confort me change sans doute trop brutalement de la tente et de la voiture où j’ai vécu pendant un mois ! J’ai travaillé de 7h à 18h30, grosse journée. Ce matin avec la vache Sassy ça a été un peu mieux, demain j’essayerai de traire avec les deux mains, en plus grande quantité. Le tour des animaux a été rapide, on s’est bien organisé avec Jesse, en 1h30 c’était fait. Le breakfast a 8h30 était bien mérité mais rapide, car nous sommes partis avec Peter dans le grand champ près de la rivière. On a fait des mesures toute la journée, 100 pieds un drapeau, 100 pieds un drapeau ! Marcher, faire des lignes droites, mesurer ! Ce n’était pas très passionnant, je n’ai jamais aimé compter ! Mais bon il faut passer par là pour pouvoir installer correctement et au mètre près le futur système d’irrigation. Tout en travaillant, je regardais le ciel tout le temps, le temps était magnifique, la lune et le soleil se faisait un face à face. J’ai trouvé ça trop beau. Entre temps on a bougé les tuyaux d’irrigation du jardin pour les ranger. Il faut préparer l’hiver, ce n’est plus du jardinage comme cet été, c’est du rangement et du nettoyage. Après cela, Peter m’a proposé de faire un tour avec lui, on a encore passé un bon moment, on a été en ville pour faire des pesées, je n’ai pas tout compris ce qu’il voulait faire, ça avait rapport avec les grains je pense. Je ne m’en suis pas trop préoccupée, mon cerveau commençait à fatiguer. Sinon on a parlé musique, je lui ai dit que mon père c’était un vrai rockeur et lui il m’a fait écouté de la vieille country qu’il adore. J’ai découvert John Conlee, c’était pas mal. Il m’a expliqué les paroles et il m’a dit qu’il pleurait en écoutant certaines chansons de country. J’ai du mal à imaginer ce grand gaillard pleurer en écoutant de la musique ! On a aussi chanté l’alphabet en anglais, tout en rigolant de mon accent, rien à faire je n’arrive pas à bien parler anglais, je prononce des « h » partout apparemment. Mais il dit que c’est mignon et que je ne dois pas changer. Mais bon tout de même on ne comprend pas tout le temps quand je parle alors il faudrait que je change quand même cette histoire de « h ». Je pense que c’est parce que la langue elle ne fait pas le même travail dans la bouche. C’est comme les « th » en anglais je déteste ça. Impossible de dire correctement three ou thought par exemple. « Thrift store » alors celui là c’est le pire ! Enfin ça nous fait rire c’est le principal.

Ce soir on a fêté l’anniversaire de Jesse : 25 ans. Le repas préparé par Mary était comme d’habitude très bon. Jamah a fait un super dessert à base de chocolat, coulis de framboise et croquant aux amandes. Un délice. Je l’aime bien ce garçon, il a un bon esprit, c’est aussi un voyageur et il aime vivre avec trois fois rien. Il pratique le « raw food » c’est-à-dire qu’il mange végétarien, et uniquement de la matière brute (non cuisinée). C’est fou ce régime c’est encore plus trash que vegan ! Mais il dit que c’est très bon pour la santé car tous les nutriments sont intacts. Sa femme et ses enfants mangent « raw » aussi (je ne sais pas l’équivalent en français ?) et c’est vrai qu’ils ont l’air de se porter à merveille ! Enfin moi perso je ne pourrais pas ! On sent qu’il a fait parti du mouvement rastafari en Afrique du sud et qu’il croit beaucoup à l’énergie et aux bienfaits de la nature. A table, ils ont parlé longuement de l’Afrique du sud, de Mandela, du racisme. C’était très intéressant même si j’ai eu du mal à tout comprendre, l’accent de Jamah n’est pas facile pour moi car il parle vite. On a regardé des photos aussi, j’aime bien ces moments là. Maintenant je suis vraiment très fatiguée, il est 22h. C’est fou comme mon horloge biologique a changé…

Mardi 24 septembre (jour 4)

Les fermiers de l'Alberta ! Jacob, Jesse et moi - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Les fermiers de l’Alberta ! Jacob, Jesse et moi – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Aujourd’hui j’étais super en forme ! à 6h30 j’étais réveillée et j’étais prête à attaquer la journée ! C’est de bonne humeur qu’on est parti avec Jesse faire la ronde des animaux, j’ai fait une vidéo et pris quelques photos mais vite fait car on n’a pas trop le temps de poser et on a vite les mains plein de terre ! Bref, j’ai pu traire cette fois ci avec les deux mains, cela dit il y a encore une belle marge de progrès ! Ce matin, j’ai beaucoup pensé à ma meilleure amie teuteu car elle adore les vaches et elle me manque. Elle aimerait essayer je pense. Comme par hasard, ce midi je suis passée par la maison annexe et j’avais un texto de teuteu. C’est fou les connexions qui peuvent exister parfois ! Coïncidence ou énergie inter continentale ? (ok je pars loin). En tout cas ça m’a fait sourire de constater qu’on pensait beaucoup l’une à l’autre au même moment.

Ensuite, j’ai travaillé jusque 16h avec Jesse. On a vu des beaux oiseaux, notamment un bleu, le « blue jay », peu commun ici. On s’est occupé de la récolte de chou et du nettoyage du jardin (arracher les plants, enlever les tuyaux, plastiques, protections…). Comme la ferme est très grande, il y avait beaucoup à faire. J’ai décidé d’arrêter à 16h pour partir à la librairie du village, histoire d’utiliser un peu Internet car ça fermait à 17h. Les autres ont continué de travailler. J’ai un peu culpabilisé de partir car eux ils ne s’arrêtent pas et font des journées de 10/12h minimum. J’ai dit à Jesse que je trouvais que c’était beaucoup pour du volontariat. Il m’a dit que c’était rien comparé à cet été… Mais il m’a surtout dit une chose qui m’a marqué :

« Choose the work you love and you never work a day in your life »

Vous avez reconnu ? C’est du Confucius ! C’est tellement beau et tellement vrai. Ça m’a fait réfléchir au sens du travail. Je ne me vois pas devenir fermière pour autant car c’est vraiment trop dur mais en ce moment je ne vois ni les heures ni les jours ni les mois passer. Je n’ai plus de montre depuis bien longtemps, le portable reste à l’intérieur et j’utilise le pc uniquement avant de me coucher (histoire d’écrire ou de regarder les photos). Que de changement par rapport à ma vie d’avant… Bref pour finir l’histoire j’ai dit à Jesse que je l’appellerai Confucius ! Jesse, il ne parle pas beaucoup, il est timide. Mais il est adorable et plein de bon sens. Sur certains aspects, il me fait penser à mon frère. Je suis contente qu’il soit là.

Sinon ce soir un nouveau wwoofer est arrivé, il vient d’Allemagne, il s’appelle Jacob. Il est un peu plus doué que moi en anglais, comme tous les allemands de toute façon, mais je n’ai pas à rougir car c’est plus ou moins équivalent. Il a un visa vacances travail et commence tout juste depuis 3 semaines son année de découverte au Canada ! Il n’a pas de plan pré établi, c’est bien. C’est son premier wwoofing, il débarque tout droit de la ville, ça risque de le chambouler car je trouve qu’il est intensif ce wwoofing ci… ! Sinon j’essaye de m’intéresser à cette histoire de biodynamisme à la ferme. J’ai un bouquin de Rudolf Steiner sur ce type d’agriculture, mais on m’a dit que je ne comprendrais pas (lol ah bon ?!) à cause du niveau d’anglais du bouquin (très technique). Dommage. Encore une fois je suis frustrée de mon niveau d’anglais. Je sais, il faut que je sois patiente, ça progresse chaque jour. Mais bon ils m’ont dit qu’ils avaient un documentaire à regarder et que ça serait plus facile pour moi de comprendre. On verra ça, mais un autre soir !

Mercredi 25 septembre (jour 5)

Les cochons affamés ! - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Les cochons affamés ! – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

La journée a été éreintante ! 10h de travail à nouveau au grand air. Ce matin, j’ai laissé Jacob et Jesse avec Sassy (la vache). Pas de traite pour moi, j’ai laissé la place à Jacob pour qu’il apprenne. Je me suis occupée des cochons affamés à la place ! Le levé du soleil était magnifique, rose et nuageux. On s’est occupé de démonter la serre et la barrière des poules, on a nettoyé et rangé les affaires du jardin. On a aussi enroulé les tuyaux d’arrosage, on a voulu faire la course. Résultat : je suis bonne dernière ! J’ai été lente au possible, ce fut dramatique. Il faut dire que je n’aime pas faire des cercles parfaits avec des tuyaux alors j’ai fait un roulage artistique avec un neuneu à la fin ! Jesse a rigolé de ma passion pour l’abstrait ! D’ailleurs, j’ai montré aux garçons comment jongler avec des tomates. J’adore constater que quand on est loin de la ville et loin d’Internet, l’imagination se développe davantage et surtout avec un rien. Ce midi, le lunch était passionnant, on a parlé éducation. C’est fou comme entre le Canada, l’Allemagne et la France, la manière d’élever les enfants n’a rien à voir. Par exemple en France, l’enfant est rapidement soit à la crèche ou chez la nounou et à 3 ans hop direction l’école. Ici au Canada, tu ne vas à l’école qu’à partir de 6 ans, et avant c’est la famille qui s’occupe de l’éducation. Peut être que ça explique pourquoi l’aspect « familial » est si important et mis en valeur ici au Canada. Car tout débute et se poursuit en famille. Enfin de ce que j’ai vu je trouve que les familles sont très soudées. Mais bon, je l’aime bien aussi notre système en France, car ça permet de sociabiliser rapidement et d’apprendre dès le plus jeune âge. Ici ils ne pensent pas pareil…

Cet après midi c’était un peu épuisant, on est retourné au champ près de la rivière et on a retiré tous les gros conduits d’irrigation. Genre les gros tuyaux de 10 mètres à tirer du sol. J’ai un peu mal au dos. Avec Jacob on a bien parlé, il a 18 ans, il est curieux, mignon et super gentil. Je me dis qu’il fait la même chose que moi en solo avec 10 ans de moins. Alors respect ! C’est un joueur de piano et de guitare. En ce moment même où j’écris, Jesse et Jacob jouent de la guitare dans le salon. On a partagé une bière en musique. Un repos bien mérité. Rien que pour des instants de vie comme ça, je veux bien travailler 10h par jour.
Comme dirait mon père :

« C’est le prix de la liberté » !

Jeudi 26 septembre (jour 6)

Lisa, sa bonne humeur et son jeu de cartes, le "Oh, shit" !

Lisa, sa bonne humeur et son jeu de cartes, le « Oh, shit » ! – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Je suis épuisée donc je ne vais pas écrire beaucoup. Cela dit c’est de la bonne fatigue physique. Le moral est bon, mais ce midi j’avoue ça l’était un peu moins car j’étais complètement au radar et les discussions en anglais faisaient cui-cui au dessus de ma tête. Le travail du jour (après les animaux) était rébarbatif, on a porté un masque toute la journée pour éviter de respirer la poussière et on a nettoyé les box des abeilles (pour préparer la prochaine pollinisation). C’était douloureux pour le dos. Jacob était très fatigué, je pense qu’il va bien dormir après une journée pareille. On a fini à 17h (ouf), et après on a passé un bon moment avec Jamah. On a parlé de voyages, d’expatriation et de l’intensité du travail à la ferme. Il dit que c’est surtout en Alberta que c’est comme ça parce que les fermes sont gigantesques. Les gens travaillent très dur. Ah bah je constate ça, en effet… Mes autres volontariats n’ont jamais été aussi intensifs. Après la discussion, il m’a fait une leçon de yoga (il veut devenir professeur, il va partir en inde en novembre pour améliorer ses techniques). Il m’a montré un enchaînement pas trop difficile et il m’a conseillé de pratiquer ça tous les matins au réveil, ça s’appelle le « sun salutation ». C’est très bon pour le corps et l’esprit mais il faut être patient avant d’avoir les bonnes techniques de respiration et les mouvements corrects. Il ne me reste plus qu’à pratiquer. Comme je dis souvent ici au Canada, c’est intéressant d’apprendre à vivre une nouvelle vie « petit à petit » ! A part ça, le dîner était très bon, Mary avait prévu en dessert des petits muffins aux bleuets et une pomme au four fondante et délicieuse. Elle s’est souvenue que je n’aimais pas la cannelle, je l’ai dis qu’une fois vite fait pourtant mais elle m’a préparé une pomme spéciale rien que pour moi. C’était trop gentil. Après le dîner, on a joué aux cartes avec Lisa, Mary et Jesse. C’était l’fun de passer un peu de temps avec Lisa car je ne la vois pas beaucoup. Elle m’a appris à jouer à son jeu préféré ; le : « Oh, shit ! » C’était super cool ce jeu de cartes, j’espère qu’on rejouera bientôt ! Maintenant je pense que je vais aller reposer mon dos fatigué et dormir comme un bébé.

Dimanche 29 septembre (jour 9)

Durant son temps libre, Jesse aime jouer de la guitare et travailler le bois... - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Durant son temps libre, Jesse aime jouer de la guitare et travailler le bois… – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Je n’ai pas pu écrire depuis deux jours car j’ai été occupée le soir à écrire d’autres articles, j’avais pris un peu de retard concernant mon histoire « vivre sur une île ». Durant le temps off vendredi soir, j’ai écris également un article intitulé « introspection, quand tu nous tiens ! » qui m’a demandé pas mal d’énergie. Du coup, après ça, j’avais juste envie de dormir et j’ai oublié mon petit journal quotidien ! Mais me revoilà ! Les deux derniers jours ont vraiment été appréciables car le rythme a ralenti et le travail n’était pas pénible ! On a même fait du quad vendredi après-midi ! C’était une vraie récompense après notre dur travail de la semaine. Hier et aujourd’hui, on a juste eu à faire la ronde des animaux le matin, puis c’est tout. Du coup, j’entame mon deuxième jour « off » et ça fait un bien fou ! Hier, on a été avec Jacob au « Farmers market ». On s’attendait à un grand marché, en fait c’était juste quelques stands dans un espèce de centre de retraite ! Pas de quoi être emballé ! Cela dit, Jamah tenait un stand pour vendre son chocolat, du coup on est resté un peu avec lui, il a bien vendu. Le voisin de stand, il vendait du café et du thé bio, c’était bon. Par contre les autres stands, ça n’avait rien de bio, et rien en rapport avec la ferme ! Drôle de marché dis donc ! D’ailleurs, avec Jacob, on a juste halluciné. Tous les gens qui sont passés étaient pour la plupart en surpoids ou obèses. C’était comme une concentration de gens en mauvaise santé. Jamah il dit que c’est à cause de tous les fast food et de la malbouffe OGM au Canada, notamment en Alberta. Ça m’a rendue triste de voir ça, et ça m’a rappelé ma randonnée du col sulfur au parc national de Jasper. Je redescendais de ma montagne lorsque j’ai croisé un groupe scolaire, genre une vingtaine ou trentaine d’enfants d’une dizaine d’années. Et je ne rigole pas, quasi tous en surpoids. Ils avaient l’air de vivre le pire instant de leur vie. Tous rouges et suintant, mais m*** quoi, comment on peut se laisser aller si jeune comme ça ? Comment les parents peuvent laisser faire à ce point ? Enfin je suis personne pour juger mais je me dis que tout de même, ne pas savoir marcher, c’est grave, car c’est la base non ?

Bref, après le marché, on est parti au café du coin, le « Java ». La ville est un peu glauque et morte, mais ce café est vraiment cool. Du bon café, des bons produits, une bonne ambiance et un spot Wifi ! Du coup on est resté là un moment à geeker, on avait tous les deux pas mal de choses à faire ça nous a fait du bien de nous reconnecter au monde ! Hier, on a pu voir aussi deux beaux husky qui se promenaient sur la route, ils étaient juste trop gentils et magnifiques. On s’est arrêté pour les caresser et prendre des photos.

Sur la route, Jacob et moi rencontrons deux beaux husky. Connexion immédiate ! - Photo prise par Jacob

Temps off ! Sur la route, Jacob et moi rencontrons deux beaux husky. Connexion immédiate ! – Photo prise par Jacob

Jacob il adore les chiens aussi. Et il adore la bière. Normal il est allemand. Du coup on est parti acheter deux gros packs de bière la bouche en cœur. Yeah, on veut bien être des fermiers bio et tout le tintouin, mais laissez nous notre bière !!! En revenant, on a bien discuté, il est vraiment cool ce mec, mais il ne gère pas bien la solitude. J’espère qu’il trouvera un travail dans un ski resort après ce wwoofing, histoire d’être entouré de jeunes et de pouvoir pratiquer le snowboard qu’il aime tant. On en a profité pour boire deux bières, ahh… ce samedi a vraiment fait du bien au moral !

Aujourd’hui, après une bonne douche, j’ai demandé à Jesse de me couper les cheveux ! Juste les pointes que je lui ai dit. Bon je me suis peut être mal exprimé, car j’ai perdu la moitié de mes cheveux  ! Mais il était vraiment concentré, comme si sa vie en dépendait (lol), alors j’ai rien dit. Me voilà avec mes nouveaux cheveux coupés avec les ciseaux de cuisine ! « New girl, new life, Canadien style » ! Dans tous les cas, ça fait du bien, j’en avais marre d’avoir un ballot de paille sur la tête ! Maintenant, nous allons profiter de la belle journée ensoleillée. On a pas mal de films et de documentaires aussi, peut être qu’on va se faire une session. On verra. Relax day today ! Yeah !

Lundi 30 septembre (jour 10)

Le travail au grand air, au milieu des champs de l'Alberta... - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Le travail au grand air, au milieu des champs de l’Alberta… – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Ce n’est pas la joie. J’ai travaillé 9h dehors, il commence à faire vraiment froid. Tous mes muscles sont contractés et le bas de mon dos est en train de crier au secours. Il est 20h30, je n’ai plus aucune force. Je suis juste avachie dans le lit. Jacob vient de venir dans ma chambre, son pc vient de lâcher. Son écran est fissuré. Le pauvre, il cherche un travail et il est là depuis un mois seulement, ce n’est vraiment pas le bon plan. « Everything is damaged » m’a-t-il dit. Je ne sais pas si ça impliquait notre état de santé avec ! Ça m’a fait de la peine. Il faut dire qu’on s’est occupé des animaux, on a retiré les plants de pommes de terre, on a récolté les pommes de terre, on a planté l’ail sur deux grands niveaux puis on ramassé et stocké toutes les pommes de terre avec le quad. Je sais que le travail a la ferme ça implique une bonne condition physique et que ça implique aussi d’être souvent penché ou de devoir soulever ou tirer des charges. Donc je ne vais pas me plaindre, c’est ça de vouloir avoir une nouvelle vie. C’est juste que je suis si fatiguée, un volontariat ça devrait peut être ne pas dépasser un certain nombre d’heures… C’est pas cool parce qu’après le travail et le diner, on a plus le temps pour rien, on a juste envie de dormir… Je ne prends même pas de photos je n’ai pas le temps. J’ai pu parler à Anne hier sur internet quand j’étais au village pour publier mon article sur Cortes Island (qui me manque toujours autant), et elle m’a dit que ça ne devrait pas être plus de 5 ou 6h de volontariat… J’avoue que là c’est trop… J’adore la famille mais je me rends tout simplement compte que je n’ai pas la force des canadiens et qu’ils profitent peut être un peu trop des jeunes volontaires (n’oublions pas que nous ne sommes pas payés !). Après il faut dire qu’on est jamais obligé de rester… Bref, ne pas bien tenir le choc, moi ça me rend triste. Je dois encore développer ma force physique… Point positif, vendredi soir, mon amie Marie débarque ! Nous allons partir samedi matin pour le Yukon ensemble ! Elle a trouvé un volontariat près de Whitehorse. Je suis tellement contente à l’idée de la revoir et à l’idée de partager la route avec elle. Nos routes se recroisent alors qu’on s’est connue au Manitoba ! C’est fou ça ! Bref, ça me requinque ! Je peux aller mettre mon cerveau en off et aller sombrer en regardant Dexter.

Mardi 1er octobre (jour 11)

La dernière étape du "tour des animaux" : le bon soin des poules ! - Crédit photo : Marie Seillery

La dernière étape du « tour des animaux » : le bon soin des poules ! – Crédit photo : Marie Seillery

Journée froide, pluvieuse et éprouvante une fois de plus. Enfin ce matin ça a été mais cet après midi à récolter les pommes de terre là c’était juste trop j’en pouvais plus de ces pommes de terre. J’ai dis ce matin à Mary que je me sentais faible et fatiguée. Au final on a gagné 2h de travail, on a fini à 15h30. C’était sympa car j’étais juste au bord de craquer durant la dernière demi heure. Chaque pomme de terre récoltée était comme un supplice pour mon dos. A 16h j’arrivais à peine à lever ma tasse de thé. Bref j’ai pris une douche et ça allait mieux après. Je me suis dis qu’au final on avait fait nos heures avec le courage habituel. Ensuite, j’ai pu passer le reste du temps avec Jacob. On est parti en « ville » pour envoyer son pc en réparation. Il était un peu frustré car il doit attendre 3 semaines. Il a nul part où aller alors il se dit que c’est pas si mal d’être ici. C’est vrai que ce n’est pas si mal, on a de la nourriture extra, la famille est adorable et on apprend beaucoup de choses. Peter est tellement drôle aussi. Mais le travail c’est vraiment dur, faut aimer ça… Le wwoofing ce n’est pas que du repos, il faut bien le savoir avant de s’engager ! Quand je pense qu’ici, ils vivent ça depuis des années,… depuis toujours même… Quel courage… Moi je tiens à peine deux semaines. Bref, on a été un peu à la librairie avec Jacob (j’avoue, ce n’est pas vraiment pour la lecture, ils ont des pc… Ah cette addiction à Internet !). J’avais un mail d’Owen, le volontaire irlandais de Cortes Island. Ça m’a fait trop plaisir. Il m’a envoyé plusieurs photos et textes de Gilean Douglas, l’écrivain qui vivait avant sur l’île. Il y a une phrase qui m’a marqué, sous la photo du jardin :

« How good it feels to work to your limit »


Je ne sais pas si on se sent si bien que ça de travailler jusqu’à ses propres limites, moi j’ai souvent envie de tout claquer. Mais il est vrai qu’il y a quelque chose qui se déclenche en soi, un mélange de fierté et d’accomplissement. Quelque chose de logique : je travaille pour ce en quoi je crois. Ah c’est sur que j’en bave, mais je ne suis plus dans le fake désormais, et au final, j’assume de souffrir pour mes convictions. Bien que ce volontariat ne soit pas le plus « merveilleux », je pense que d’ici quelques semaines je ne retiendrais que le positif (les gens !) et oublierais l’intensité du travail. Allez sur ces dernières pensées, je mets mon journal et mon cerveau en off. Car nous y sommes, Yukon : J-3 !

***

Un mois s’est écoulé depuis l’écriture de ce journal. Je confirme n’y voir désormais que du positif… J’ai pris du temps avant de publier cet article car j’avais besoin de faire le point sur cette expérience. Je pense qu’avec un accueil chaleureux, du respect, du partage et des sourires sincères, on peut accepter de travailler dur, même si cela, dans la tête de nombreuses personnes, a tendance à frôler l’exploitation. Il faut juste se dire qu’après tout c’est comme ça à la ferme, on aime et on accepte ou on part. Dans tous les cas, on apprend et on grandit de ce type d’expérience. Aujourd’hui, j’ai déjà oublié la difficulté du travail et je résumerai tout ce blabla avec cette photo là… : 

Merci à Peter et Mary pour l'accueil et pour m'avoir montré l'autre côté de l'Alberta; celui des militants anti-OGM, du partage et de la solidarité. Longue vie à leur ferme ! - Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

Merci à Peter et Mary pour l’accueil et pour m’avoir montré cet autre côté de l’Alberta, celui des militants anti-OGM, celui du partage et de la solidarité. Battons nous pour nos convictions, même si cela est un exercice quotidien bien difficile… Quoi qu’il en soit, longue vie à eux et à leur ferme ! – Crédit photo : Marie Seillery, Petite Souris Photographie

14 réflexions au sujet de « Journal – Mon volontariat dans une ferme biologique de l’Alberta »

  1. « ce qui ne tue pas rend plus fort » dit-on non ?
    je pense que c’est la force de la plupart d’entre nous, on passe à travers les « épreuves » , on en bave, et on en garde le meilleur … le « meilleur » c’est aussi d’avoir vu où sont tes limites, ce que tu aimes ou moins… ce que tu acceptes ou pas …
    En tout cas bonne suite de « route » : j’ai toujours un immense plaisir à te suivre, te lire … et découvrir tes photos bien souvent le matin quand je me lève !

    • Merci ça me fait plaisir de t’accompagner en image le matin hihi! Je suis touchée à chaque fois par tes messages, chère fidele lectrice ! 🙂 (mais je te suis aussi et rêve d’autant plus de la Croatie désormais!) Et c’est vrai que le Canada me rend plus forte 🙂

  2. Peter, Mary et Lisa pensent sans doute qu’ils ne « travaillent » pas, mais participent à la Création, et c’est toute la différence. Ton article est un témoignage important, marquant une étape qui guidera tous tes nouveaux pas.
    Les photos de Marie sont des petites perles d’illustrations reflétant exactement ton mode de vie actuel. Vous vous complétez parfaitement et il est dit que vous deviez vous rencontrer !

    Toute la famille pense à toi et te fais de gros bisous <3

    • Merci daddy ! Oui je pense que Peter et Mary croient vraiment en ce qu’ils font et vivent pour la défense et le développement de l’agriculture biologique au Canada (ce qui n’est pas une mince affaire). Cela implique beaucoup de travail mais aussi beaucoup d’accomplissement et de convictions renforcées. C’est beau à voir et très intéressant d’y participer, même si cela implique quelques suées et maux de dos !! Et je suis d’accord à 100% concernant Marie. On se complète très bien, c’est une de ces belles rencontres que nous offre la route !

  3. Bonjour Laëtitia,

    J’ai lu ton article jusqu’au bout (c’est la photo de Marie & Peter qui m’a donné envie de le lire), et j’imagine un peu le sentiment que tu as dû ressentir : un bon mug de chocolat chaud, au chaud dans la maison autour de la table avec la famille, après une longue journée de travail physique au froid dehors.
    Ce sont des moments qui forcément te rendent des souvenirs positifs

    En tout cas ton expérience me donne franchement envie d’aller faire du woofing. Merci pour ton article, j’espère que ton aventure continue dans le même contexte, et que tu profite au jour le jour (Carpe Diem).

    Et comme Grain, je citerais Nietzsche : « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (une de mes citations favorites).

    Bonne continuation !

    Jonathan

    • Bonjour Jonathan, merci pour ton message et la lecture ! Je t’encourage à tester le wwoofing, en voyage ou non, c’est quelque chose de fort et c’est intéressant pour apprendre beaucoup de choses autour de la terre, des saisons, de la culture et bien sur de la vie de famille. Je continue de vivre en mode Carpe Diem, c’est vraiment ma vision du PVT, et c’est une chance de pouvoir se développer et se voir changer sur la route un peu chaque jour. Je te souhaite de vivre de belles expériences de vie également !

  4. Merci d’avoir partagé ces moments avec nous via ces lignes. Vraiment, ton écriture est clair, et même si je pense que ce n’est pas facile de retranscrire tous tes sentiments et toutes tes interrogations on aperçoit ce que c’est que le wwoofing.
    J’ai été immergée dans ton récit (j’ai même arrêté la musique de la radio, ça ne collait pas !), et en même temps ça me fait me poser des questions !

    Sinon j’ai quand même bien souri à certain moments, genre quand tu as écris « les discussions en anglais faisaient cui-cui au dessus de ma tête. » ! Hi hi j’aime beaucoup la tournure de cette phrase ! Mais je comprends le côté frustrant de ne pas réussir à exprimer tout ce que l’on veut en anglais.

    • Hihi merci Lola, je voulais expliquer que le wwoofing ce n’est pas non plus des vacances et que c’est important de savoir ce qu’implique et provoque le travail a la ferme avant de se lancer. Oui le cui-cui je me doutais que ça allait te plaire lol je te jure c’était ça j’imaginais les petits oiseaux passer comme dans les mangas hihi !

  5. Ton ile te manque, ma belle !
    Oh que du raw, comme ils disent. Mais tu deviens une Laetcanagirl chargée de plein plein plein de trucs en toi, de grandes et petites certitudes avec toujours des questions en suspend de réponses, si réponses il y a, tant la vie vit et court si vite.
    Poursuit ta route au rythme de ta spontanéité mais prend bien soin de toi et préserve tous tes petits cuih cuih hhheureux (avec ces fameux « h » frenchhhaccenté) qui gravitent sur tes pensées et agrémentent tes rencontres et tes routes parallèles canadiennes.
    A te lire, te suivre très très souvent depuis le début, (sans trop commenté), je t’envie et te « oh oh » que du bonheur de vivre pleinement depuis 4 mois, toutes tes expériences, dures parfois mais belles et riches d’engagements et d’enseignements (que l’on n’apprend hélas pas sur les bancs de l’école).
    Je t’envoie un bon vent chaud titi ch’ti intérieur rempli de soutien et de pensées complices pour qu’il vienne caresser bien hotement tes futures bises canadiennes, bientôt icées.
    Note de Bio : En principe le Woo ne doit pas dépasser une demie journée de travail en compensation du couvert et du couch, ou une sur deux. C’est vrai que c’est avant tout un contrat moral donc un accord des deux parties.
    Bisous

    • Ah Sylvain, j’aime toujours (et également) autant te lire et te savoir zieutant et souriant devant mon aventure canadienne. J’ai tout de même bien fait de partir, non ?! Quel plaisir d’avancer pas à pas avec mes cui-cui et mes doutes. Il en ressort tellement de choses. Difficile parfois de trouver les bons mots. Mais maintenant je sais qu’avant ou au début de chaque wwoofing/volontariat, je prendrai garde à ne pas froler d’aussi près l’exploitation bénévole. On veut bien être gentil, mais tout de même ! 🙂 En tout cas, merci pour ce message et ce vent ch’ti qui me réchauffe le coeur. A bientôt pour de nouveaux OhOhOh 😉 Douces pensées canadiennes.

      • hi à toi canadienne PVTiste.
        Oui tu as bien fait. Je profite que tu sois là devant ton nez cran non beau nez et bientôt le bonnet pour te coucouter en direct, non plus cuicuiter cette fois-ci.
        gros gros biosous et bonne suite à toi.

  6. Bonjour,

    Merci de partager cet article. C’est très instructif.

    En tout cas, c’est une très belle aventures que vous avez vécu !

    Romain,

  7. Magnifique article!
    Il permet de montrer aux gens la réalité du woofing!! Je pense que bon nombre d’entre nous vivant dans une société où tout est fais désormais pour notre plus grand confort ce font une image trop gentille du travail à la ferme, à gambader à travers les champs, une brindille d’herbe entre les dents tout en se sentant en harmonie avec la nature et les animaux…
    Être en harmonie oui mais ton article permet de revenir les pieds sur terre et de prendre que travailler la terre justement bin c’est un métier des plus prenants ^^
    Bravo à toi en tout cas pour ton courage dans tout ce chamboulement 😉

    • Merci beaucoup pour message Adrien ! Oui je pense que l’idée du journal c’était de montrer que le quotidien pouvait vraiment être difficile dans certains wwoofing et que bosser à la ferme ça suppose une condition physique et un mental assez costaud. Mais les gens sont souvent tellement adorables et passionnés qu’on a beaucoup de chose à apprendre et à en tirer si on résiste à la fatigue 🙂

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