Ici naquit Montréal ! Plantons le décor, d’hier à aujourd’hui…

A l’aide de mon guide du Québec, du livre « le goût de Montréal », d’un passage au musée d’archéologie et d’histoire de Pointe-à-Callière et de diverses discussions, j’ai pu en apprendre un peu plus sur Montréal et ses origines. Voici donc pour vous quelques points de repères et fragments d’Histoire. La réalité n’est sans doute pas tout à fait cela, notez bien que ces mots ont été griffonnés par une européenne naïve fraichement débarquée au Canada. Je ne suis pas spécialiste de l’Histoire québécoise mais il faut bien comprendre un peu où l’on met les pieds, non ?
So, I try ! 😉

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Montréal, principale ville française des Amériques, est aujourd’hui réputée et reconnue de sa richesse culturelle. Située sur une île d’environ 40 km de long et 15 km de large, la cité est également un carrefour d’échanges commerciaux, alimenté par 22 ponts routiers et ferroviaires sur l’ensemble de l’archipel.

En parlant de pont, je suis sur le Pont Jacques Cartier à Montréal - Au loin le Pont de la Concorde et le Pont Victoria - (c) Laetitia Lamarcq

En parlant de pont, je suis ici sur le Pont Jacques Cartier à Montréal – Au loin: le Pont de la Concorde et le Pont Victoria – (c) Laetitia Lamarcq

A l’origine, c’est Jacques Cartier, en 1535, qui jette l’ancre à Hochelaga, le village précédant Montréal. Il découvre un peu plus loin une montagne qu’il nomme « Mont Royal » (ça vous dit quelque chose ? ;)). A cette époque, il n’existe qu’un grand village autochtone habité par un groupe d’Iroquois du Saint-Laurent. Peu de temps après, le village d’Hochelaga disparait (sans doute brûlé ?).

Samuel de Champlain, fondateur du Québec, sera reconnu comme le père fondateur de Montréal. Sur les pas de Jacques Cartier, il visite plusieurs fois l’île et lance en 1611 un important poste de traite de fourrures. Au fil des ans, des guerres se succèdent avec l’objectif de prendre le contrôle de ce commerce (les Agniers contre les Hurons et les Algonquins). En 1642, Sieur de Maisonneuve, Jeanne Mance et une quarantaine de personnes arrivent sur l’île avec le projet de propager la foi, et implantent la mission de « Ville-Marie ». Des édifices religieux s’élèvent. Les institutions apportent le calme social, qui se rétablit véritablement en 1701, grâce au traité de la Grande Paix de Montréal entre les français et les nations autochtones. A cette époque, on surnomme Montréal « la ville aux cent clochers ».

Le commerce de la fourrure se développe alors progressivement, mais la conquête anglaise de Montréal en 1760 vient perturber le calme en Nouvelle-France. Les rivalités franco-britanniques éclatent. Petit à petit, la population canadienne-française capitule mais reste installée. La cohabitation arrive alors progressivement, tant bien que mal.

Marchands britanniques, écossais et américains prennent à bras le corps les questions économiques de la ville. La croissance s’accélère, Montréal s’agrandit et prend son essor grâce au style et aux atouts anglo-saxons. L’ouverture du canal de Lachine en 1825 accentue le tout. Montréal devient alors une ville-carrefour reconnue. Le port prend son essor (Montréal n’étant plus le terminus sur le fleuve Saint-Laurent) et devient le plus actif du Canada. Les liaisons ferroviaires décuplent le tout.

Montréal, bordée par le fleuve St Laurent. Une ville-carrefour et différents flux d'échanges - (c) Laetitia Lamarcq - Vue du Pont Jacques Cartier

Montréal, une ville-carrefour maritime et terrestre – (c) Laetitia Lamarcq – Vue du Pont Jacques Cartier

Cependant, les deux guerres mondiales vont affaiblir la ville et ralentir sérieusement l’activité. Un travailleur sur trois est alors au chômage. La misère, l’insécurité et la prohibition dominent. Montréal s’industrialise et se pare de gratte ciel, pour suivre la mode new-yorkaise.

L’après guerre ouvre une nouvelle ère avec pour partie l’influence francophone dans différents domaines : les arts, le commerce ou encore la politique. La révolution tranquille et le baby boom des années 1960 sont marqués par ce renouveau culturel à la franchie. La période des grands travaux commence (aménagement autoroutier et souterrain) tandis que le cœur de ville remonte plus au Nord vers le square Victoria.

Jean Drapeausurnommé l’empereur – est alors maire de Montréal (et ce jusque dans les années 1980). Il lance entre autre l’exposition universelle de 1967 et les jeux olympiques de 1976 (d’où la création du stade olympique).

Vue sur le Stade Olympique de Montréal, construit pour les Jeux olympiques d'été de 1976 - (c) Laetitia Lamarcq

Vue sur le Stade Olympique de Montréal, construit pour les Jeux olympiques d’été de 1976 – (c) Laetitia Lamarcq

Mais l’essoufflement pointe son nez dans les années 1980. Les limites du développement apparaissent. Le textile est en crise, les usines manufacturières ferment et des quartiers entiers sont à l’abandon. Le port de Montréal perd sa place privilégiée et sa grandeur, au profit des croissances rapides de Toronto et Vancouver.

Vient alors la reconversion des années 1990/2000. Montréal cherche sa place pas à pas. Aujourd’hui, la revitalisation des quartiers s’accélère et la ville s’impose économiquement dans des secteurs de pointe (aéronautique – avec la présence de Bombardier, télécommunications, biotechnologies ou encore multimédia).

La présence de Bombardier à Montréal - un atout économique majeur - Source photo : www.cbc.ca

La présence de Bombardier à Montréal – un atout économique majeur. Photo : www.cbc.ca

Aujourd’hui, les services et le tourisme se développent bien, grâce à la richesse de la vie culturelle et aux nombreux festivals d’été proposés par la Ville. Le vertige se fait ressentir dès les lueurs du printemps. Le mot se transmet de bouche-à-oreille : il fait tout de même bon vivre à Montréal.

Pourtant, il est vrai, ses monuments historiques n’en imposent pas, la ville n’est pas coquette et de nombreux bâtiments restent encore abandonnés. Les quartiers semblent, il est vrai, « en équilibre sur la corde raide » (dixit Alain Gerber – écrivain français)

L'exposition temporaire "Trous de Mémoire" - Un pied de nez à l'amnésie, une volonté de mettre en avant le devoir de mémoire - Rue Ste Catherine à Montréal. (c) Laetitia Lamarcq

L’exposition temporaire « Trous de Mémoire » – Un pied de nez à l’amnésie, une volonté de mettre en avant le devoir de mémoire – Rue Ste Catherine à Montréal. (c) Laetitia Lamarcq

Politiquement, les citoyens sont plutôt éloignés des urnes (davantage qu’en France). La politique n’est pas un sujet de discussion facile à aborder. Il faut faire attention à ne pas être trop « borderline ». D’ailleurs, de manière générale, peu importe le sujet ou le contexte, il ne faut ni heurter, ni donner son avis trop brutalement (premier choc de culture franco-québécois !). Ce savoir-être est plutôt plaisant, bien que déconcertant. Je dirai qu’il règne actuellement en ville une sorte de « capital sympathie ». Sans heurt, la vie suit son cours, plutôt paisiblement.

Au final, Montréal est un mélange complexe. Difficile à raconter et encore plus à résumer. Terre d’immigration (15% des montréalais sont nés à l’étranger), architecture américaine mais haut lieu de la culture francophone, elle est tout à la fois. Faites de divisions, imposante mais fragile, elle n’est ni française, ni britannique. Elle est bien plus que cela. Elle rassemble les pauvres, les riches, les artistes, les hommes d’affaires, les nord-américains et les latins. Ses quartiers multiculturels sont pour moi le reflet d’un joyeux « chaos organisé ».

Suite au prochain épisode : Les quartiers de Montréal 🙂

La ville de Montréal et son quartier des affaires - vue du Mont Royal. (c) Laetitia Lamarcq

La ville de Montréal et son quartier des affaires – vue du Mont Royal. (c) Laetitia Lamarcq

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter le Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, en particulier le film et l’exposition permanente « Ici naquit Montréal ». Vous vous retrouverez au cœur d’un site archéologique (les fondations de Montréal). C’est passionnant !

2 réflexions au sujet de « Ici naquit Montréal ! Plantons le décor, d’hier à aujourd’hui… »

  1. Très intéressant ! 😉 tu as fait court, concis, et surtout tu as évité de verser dans la facilité, type « copier/coller Wikipédia », en livrant tes propres impressions, et ça donne un « décor bien planté », pour reprendre ton expression, agréable à lire.
    Mieux : ça donne envie d’en savoir plus, par exemple : j’ai voulu approfondir, en ce qui concerne les réalisations de Jean Drapeau ; j’apprends que le stade olympique a coûté un milliard de dollars et qu’il a fallu trente ans pour rembourser la dette de la ville !
    Vivement le prochain épisode ! je t’embrasse <3

    • Merci 🙂 ! Je n’ai pas ouvert wikipédia en fait, je l’ai fait à l’ancienne, avec des bouquins, des visites et un peu de papotage 😉 Oui je pense que la construction du stade olympique avait fait pas mal de mécontents ! C’est un peu comme l’histoire du grand stade à Lille… Ahh, la difficile question des priorités d’investissement… !

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