Vivre sur une île au Canada #3 – Cortes Island, « The Channel Rock »

A partir de Quadra Island, il existe un ferry qui, en 45 minutes, rejoint la petite île de Cortes Island. Oubliez les recommandations, cette île est inconnue des Lonely Planet et autres guides. Il faut dire que ce n’est pas vraiment (voire pas du tout) touristique (à partir de Vancouver il faut tout de même prendre 3 ferry et compter 5 à 6h de trajet, l’accessibilité est donc toute relative…). Etant une motivée des routes parallèles, j’ai voulu tester la vie sur cette île, une fois de plus par le biais du volontariat.

Etre volontaire au Channel Rock : l’expérience inédite d’un volontariat 100% nature, en pleine forêt !

J'ai vécu en tente, trois semaines au cœur de la forêt !

J’ai vécu en tente, trois semaines au cœur de la forêt !

J’ai trouvé via le site www.wwoof.ca un volontariat au « Channel Rock ». Ce n’est pas une ferme, c’est un centre de retraite et d’éducation à l’environnement de 140 acre, niché en pleine forêt, à 15 minutes à pied de la route la plus proche. Moi qui voulais expérimenter la « vraie » vie insulaire, j’ai été servie avec la forêt en bonus ! C’était une prise de risque, car vivre trois semaines en retraite sur une île dont personne ne parle, ça pouvait être quitte ou double.

Résultat : Double ! Sans aucune hésitation, je peux vous dire que ce fut l’expérience la plus marquante pour moi depuis mon arrivée au Canada. J’ai pu expérimenter la vie en forêt avec deux autres volontaires (Owen, qui est irlandais et Sergé, qui est allemand-russe). Nous avons travaillé sous la direction de Stéphanie Asbeck, la jardinière du Channel Rock.

Le Channel Rock : un magnifique centre isolé, sur une terre protégée

Le Channel Rock, au bord de l'océan... L'idéal pour partir faire du kayak en fin de journée !

Le Channel Rock, au bord de l’océan… L’idéal pour partir faire du kayak en fin de journée !

Vivre au Channel Rock c’est accepter d’être coupé du monde pour un temps. C’est accepter de vivre en harmonie avec le milieu naturel. Et c’est être capable d’accueillir un mix de sensations qui vous envahi en quelques jours. Vous pouvez vous sentir à la fois très bien et très perturbé. Il faut dire qu’il y a de quoi. L’endroit est magnifique. Il est tenu par une petite communauté et il axé sur le non-profit. Le respect des autres et le respect de la terre sont essentiels. Chacun est amené à vivre une expérience unique. Les buts premiers du centre : maximiser sur une courte période apprentissage, développement personnel et sens communautaire. Ce n’est pas réellement un site « fun », entouré d’une panoplie d’activités. Certes, vous avez le kayak, le frisbee, le basket, le sauna et la possibilité de randonner facilement, mais vous n’êtes pas là pour rechercher l’excitation de l’aventure. Si vous cherchez cela, vous n’êtes tout simplement pas au bon endroit. C’est bon à savoir, car au début, ça peut être perturbant. L’endroit est plutôt axé sur la recherche du bien-être, l’apprentissage de l’écologie et la méditation. Il faut apprendre à oublier son wifi, sa télé, ses amis, son magasin du coin. Il faut apprendre à se sentir bien, au contact de quelques personnes, ou seul(e) avec un bouquin.

L’aspect éducatif et communautaire du Channel Rock

Le staff BGI - Une équipe pas comme les autres, un système éducatif original et créatif !

Le staff BGI – Une équipe pas comme les autres, un système éducatif original et créatif !

Le Channel Rock est situé sur un site historique et protégé. C’est devenu au fil des ans un centre de démonstration et d’apprentissage dédié au développement durable, à la permaculture et à l’éco-construction. Plusieurs « workshops » ont lieu durant l’année (essentiellement autour des thématiques de « green business »). Le jardin est entièrement bio et permet d’apprendre énormément de choses sur la permaculture. Les bâtiments sont construits avec des matériaux écologiques (par exemple la « cob house » est réalisée avec un mélange de sable, d’argile et de fibres). On trouve sur le site plusieurs tentes, tipis et yourtes. Le fonctionnement du centre est rendu possible grâce à l’énergie solaire (panneau solaire). Ainsi, les douches sont solaires et les toilettes sèches encouragent le processus de compost. Tout respire l’authentique éco-village. Vous avez beau chercher, vous ne voyez aucune source de pollution à l’horizon… Cet endroit à de quoi éveiller la curiosité de tous les visiteurs.

Les étudiants que nous avons accueilli au Channel Rock - 2e groupe de l'école BGI

Les étudiants que nous avons accueilli au Channel Rock – 2e groupe de l’école BGI

Le Channel Rock (surnommé « The protected place ») a été entretenu durant 40 ans par Gilean Douglas (une femme plutôt connue, naturaliste, écrivain et manager de la communauté). Peu avant son décès, elle a invité Libba et Gifford Pinchot (deux entrepreneurs exceptionnels) a penser le futur du site et à l’entretenir. C’est ainsi que le Channel Rock s’est développé. En parallèle, Libba et Gifford ont également créé une grande école à Seattle : BGI (Bainbridge Graduate Institute). Le créneau de l’école : l’apprentissage du « green business » et de l’entrepreneuriat social et responsable. Tous les étudiants sont encouragés, à leur échelle, à « changer le monde ». Le programme d’apprentissage a l’air tout simplement exemplaire. Tous les ans, les étudiants de cette école viennent au Channel Rock pour apprendre à se connaître et entamer le processus. Leur semaine d’intégration se veut inoubliable… J’étais en wwoofing exactement à ce moment-là. J’ai observé durant deux semaines (sur trois au total) la vie de cette école et l’intégration des étudiants. Ce fut passionnant.

La richesse de mon wwoofing : du jardin à l’assiette

The Greenhouse - éclairé par la lumière matinale !

The Greenhouse – éclairé par la lumière matinale !

Mon wwoofing a été essentiellement centré sur le jardinage.
Notre but : entretenir le jardin et nourrir au mieux les étudiants et le staff du Channel Rock. Un site internet a été dédié aux volontaires (si vous voulez vous faire une idée) : http://www.theprotectedplace.ca/
Au programme : récolte (essentiellement), désherbage, création de petits sentiers, nettoyage du jardin, production de champignons Shiitake…

J’ai également, de temps en temps, donné un coup de main en cuisine et j’ai aidé au nettoyage du centre et au changement des draps / entretien des chambres. Ainsi, j’ai pu suivre tout le processus d’entretien du site : du jardin à l’assiette ! Chaque jour, l’idée était de faire de notre mieux pour que les invités soient bien nourris et évoluent dans un cadre exceptionnel.

Mon coup de cœur pour les cuisinières du Channel Rock

A gauche, Mélissa lutte avec son guacamole - A droite, Dianne, la chef, toujours souriante et prête à préparer un super dîner !

A gauche, Mélissa lutte avec son guacamole – A droite, Dianne, la chef, toujours souriante et prête à préparer un super dîner !

La cuisine du Channel Rock est tenue à tour de rôle par trois chefs cuisinières épatantes : Dianne, Kate et Heidi. Elle est axée sur le 100% bio et végétarien (à peu de choses près). Le créneau des cuisinières : utiliser au maximum la ressource du jardin et cuisiner le plus frais possible, afin de proposer aux invités des menus de saison sains, équilibrés et originaux.

Je peux vous dire que le pari est réussi ! J’ai trouvé sur cette île un concentré de talents culinaires. Pour tout vous dire, je n’ai jamais aussi bien mangé que durant ces trois semaines ! Et rien que ça, ça fait du bien au moral ! Il n’y a pas à dire, un corps bien nourri permet réellement d’avoir un esprit apaisé (« quand l’appétit va, tout va, quand l’appétit va tout va, quand l’appétit va, quand l’appétit va, quand l’appétit va tout va ! »)

Temps libres à la découverte de l’île

Un moment de détente hors du centre - avec au loin Stéphen, en admiration de notre chère île.

Un moment de détente hors du centre – avec au loin Stéphen, en admiration de notre chère île.

De temps en temps (une fois par semaine environ), nous partions découvrir Cortes Island. L’île n’est pas grande, mais il y a de quoi randonner et profiter de l’environnement exceptionnel. Les sorties à l’extérieur du centre nous faisait globalement du bien. Car ce n’est pas forcément bon de rester au même endroit sans bouger durant trois semaines.

Faits marquants – Quelques notes, quelques bribes d’instants magiques…

  • Premier jour en forêt, je découvre le Channel Rock et je tombe de ma chaise. Ici, on prend forcément une claque. C’est impossible autrement. J’assiste au « tourist tour » improvisé par mes deux nouveaux amis wwoofers Owen et Sergé. Je suis là à les suivre, les yeux scotchés, la bouche bêtement ouverte. Impossible de la fermer. Je découvre les maisons en bois, les tipis, les yourtes, les tentes, le jardin… Ca semble magique ici… Mais qu’est ce qui flotte donc dans l’atmosphère ?
  • Après quatre jours intensifs de pluie, le ciel ne devrait pas tarder à s’éclaircir. Du moins je l’espère, car dormir en tente, travailler sous la pluie et sentir ses vêtements humides, ce n’est pas forcément le pied. Ce soir, Owen et Sergé sont partis faire du kayak. Moi je geek un peu. 1 heure plus tard, je vois Owen revenir vers moi. « Il faut que tu viennes » me dit-il. « Mais il pleut et il fait nuit noire, Owen ! »… « Viens je te dis, on va faire du kayak, oublies ta lampe torche… ». « Ok » (apprendre à faire confiance). C’est alors que j’entame mon premier test de kayak. Apprendre quand il fait nuit noire, ça ne parait pas idéal. Tant pis, je mets mon cerveau en off, je monte dans ce truc bancal et je me lance sur l’eau sans rien y voir. « Va pas trop loin » qu’il me dit (ah bah ça risque pas…) Premiers coup de pagaie…. « What The Fuck » !!!  Je suis en train d’assister en live à la magie du phénomène de bioluminescence. Vous savez, c’est lorsque l’eau se met à scintiller de milles diamants. II pleut, il fait noir, je suis au milieu de nulle part, je ne vois rien, je suis dans un kayak, au milieu des diamants. J’entends alors Owen rentrer dans l’eau, le voici qu’il se met à nager dans une eau à 16 ou 17°. Je le vois scintiller, telle une grande tâche blanche au milieu du noir. Non mais je rêve ? « Owen, it’s fucking wonderful, I think we are in the paradise… »…. 5 minutes passent. Le ciel décide alors d’arrêter de pleuvoir. Là, avec mes pagaies au milieu des fées, j’ai comme une envie de pleurer.
  • Tous les jours, cette fameuse cloche sonne l’heure du repas ! C’est si bon de voir tout le monde arriver des quatre coins du centre ! A chaque fois, une nouvelle découverte culinaire emballe nos papilles. Aujourd’hui c’était la tarte aux poireaux de Dianne ! Une recette française qu’elle a trouvé ! J’étais au paradis, ça m’a tant rappelé celle de ma mère. Je pense que j’ai du dire « merci » à Dianne au moins 10 fois, avec mon sourire jusqu’aux oreilles ! Avant le Canada, je ne pensais pas qu’une tarte aux poireaux pourrait avoir un quelconque effet sur moi !
  • Wouaaaa…. Les couchers de soleil sont tout simplement exceptionnels depuis quelques jours. Quel plaisir de se rendre tous les jours à 20h sur le rocher pour quelques minutes d’admiration. C’est le meilleur moment de ma journée !
Sunshine @Channel Rock...

Sunshine @Channel Rock…

  • Une meute de loups est apparue soudainement ce matin derrière nos tentes ! C’est Sergé qui est venu me chercher. « Viens voir, il y a 10 loups »…. Ah bah, sbum ! Dis donc, heureusement qu’il y a une clôture qui nous sépare ! Comment oublier ce moment là, figée à les regarder. Oubliez l’appareil photo, c’est trop unique. J’en profite en toute simplicité avec Sergé. Il est 8h du matin, je me sens privilégiée, je « danse avec les loups ».
  • Ce matin c’était le « silent morning ». Tous les étudiants doivent pratiquer 2heures de silence et de méditation en solo au grand air. Histoire d’apprendre sur soi et de s’ouvrir au milieu naturel. A la fin du temps de méditation, ils doivent écrire les raisons du pourquoi ils ont rejoint cette école. Tout de même, c’était étrange de passer un petit déjeuner dans la Cob house sans aucun bruit… Le silence a quelque chose de magique. Mais je ne comprends pas encore la méditation. Est-ce que les réponses elles apparaissent d’un coup comme ça ? Pas si sur…
  • Les étudiants sont partis. Nous avons décidé, avec Owen et Sergé, de faire une soirée sauna sous un ciel magnifiquement étoilé (un des plus beaux que j’ai pu voir de ma vie, la voie lactée était si puissante). Le sauna, il se chauffe au feu de bois. Le corps se sent si bien après l’enchainement de plusieurs temps chaud-froid. Rhaa… Quelle belle soirée…
  • J’ai pu faire un skype avec mes parents, et j’ai revu mon frère. Je ne l’avais pas vu depuis quatre mois. Je flotte sur mon petit nuage maintenant !
  • Ce soir on a participé à une « party » sur l’île. On a dansé sur du bon son ska. C’était un groupe local vraiment sympa ! C’était la dernière soirée de Sergé, il part demain matin. Je suis si triste. Il a fait des études de philosophie et il m’aide beaucoup en me parlant de la gestion de la solitude et de l’acceptation du changement. Il est drôle en plus, c’est pas du tout le philosophe chiant. C’est le vrai Russian Style ! Il va me manquer… C’était une superbe rencontre. Mais bon, pas le temps de vraiment s’attacher et de se faire des amis en voyage…
  • Je tente de lire mon premier livre en anglais, qui s’appelle « voluntary simplicity », c’est passionnant et je comprends plutôt bien. Ca me rappelle la chanson « dégénérations » du groupe québecois Mes aïeux… J’aime bien la chanter… « pas moyen d’avoir un prêt dans une institution bancaire… pour calmer tes envies de hold-uper la caissière,… tu lis des livres qui parlent… de simplicité volontaire ! »
  • Stéphanie, la jardinière, elle nous apprend que des choses intéressantes. Elle est vraiment intelligente et passionnée. Par exemple, l’apparition et la récolte des champignons Shiitake, c’était juste magique ! On a pu voir tout le processus, on a pu récolter et manger nos propres champignons ! C’était une fois de plus une nouvelle et bonne expérience.
L'apparition soudaine et magique des champignons Shiitake !

L’apparition soudaine et magique des champignons Shiitake !

  • J’ai pu participer au cours de permaculture d’Oliver K, un des spécialistes canadien. J’étais avec les étudiants de BGI, je me suis sentie bien d’apprendre à leur côté. Je crois que mon cerveau il avait besoin de comprendre. Je me suis dis que ça devait être bien de faire partie d’une grande école comme ça, et d’apprendre plus de choses sur l’entrepreneuriat et le développement durable. C’est bizarre, peut-être que ça me manque l’école…
  • Kévin a joué du ukulélé et a chanté sur le porche de la Cob House. J’adore ce qu’il fait, ce qu’il donne et ce qu’il transmet avec juste son petit instrument. Il dégage une aura ce mec c’est juste impressionnant.
  • 10 heures de travail aujourd’hui. Avec Mélissa (housekeeper du Channel Rock), on est lessivé. On a tout nettoyé de fond en comble et on s’est occupé du linge. Après une journée pareille, direction l’océan ! C’est parti pour une baignade dans l’eau fraiche ! Mi-septembre c’est cool de pouvoir encore se baigner ! On a passé un bon moment, mais Mélissa, elle s’est fait choper par une méduse ! Je la vois encore crier a côté de moi « ahhh, jelly-fish, jelly-fish » ! Elle semblait avoir mal la pauvre ! Moi j’ai eu peur pensez-vous ! Qu’est ce que c’est encore que ce mot « jelly fish ». J’étais en train d’imaginer un gros poisson gluant aux dents acérés en train de nous attaquer. Je me suis mise à nager comme une débile. Ouf, rien ne m’a attrapé et j’ai compris plus tard que ce n’était qu’une méduse !
Melissa, me and the "jelly fish" !

Melissa, me and the « jelly fish » !

  • Les deux soirées théâtre étaient si drôles, elles ont été réalisées à l’arrache par les étudiants de BGI. C’était dans le programme de clôture de la semaine d’intégration. J’ai été surprise de voir à quel point les liens pouvaient être forts après seulement 5 jours de découverte et de partage au milieu de la forêt. Je vous le dis, il se passe quelque chose ici !
  • Le calme est revenu. Nous ne sommes plus que 4 ou 5 dans le centre. Le temps est venu de découvrir un peu l’île avec Owen et Stephen, un des professeurs de BGI. Aujourd’hui on est parti au « harvest festival », c’est le festival de la récolte ! (ouaiiiiis). Il y avait une grande catapulte qui servait à balancer les vieux légumes pas bons. Les enfants ont adoré. On a passé un bon moment au soleil à papoter. Stephen, j’aime bien le taquiner, j’aime bien l’écouter, je crois que je l’aime bien tout court. Et sinon, j’ai vu une pomme de terre, elle était juste énorme !
  • Je dois partir… Comment oublier le rire de Stéphanie, le sourire de Dianne, le courage de Mélissa, les discussions avec Stephen, le travail avec Owen et Sergé, la rencontre de Libba et Gifford… ? Il y a trop d’instants magiques, tout ce séjour a juste été magique. 
Oubliez les "Wifi zone" - bienvenue aux "shoe free zone" !

Oubliez les « Wifi zone » – bienvenue aux « shoe free zone » !

  • Ah, ce dernier petit déjeuner,… avec mon café, mon bol de granola, et ma tarte choco-poire. Je crois que j’ai voulu ancrer chaque instant et chaque seconde dans ma mémoire. Discuter comme si de rien n’était. Prendre ma dernière douche solaire. Regarder une dernière fois le jardin. Juste avant de partir et de faire des hug à tout le monde, j’ai écris un mot de remerciement en français sur le tableau, ça leur fera une leçon !

Merci et au revoir, Cortes.

À vivre sur cette petite île éloignée de tout, dans un environnement exceptionnel et préservé de toute source de pollution, j’ai appris et compris en quelques semaines énormément de choses… Sur moi bien sur (effet introspection oblige), mais aussi sur la force de la vie communautaire, sur les techniques de permaculture, sur l’histoire de ce lieu et de ces gens ou encore sur les objectifs de ce type d’endroit… Tout cela en anglais bien sur. Que d’apprentissages concentrés en quelques semaines… Bien entendu, vivre là-bas au quotidien relève du même challenge qu’à Quadra Island (en pire !). Je ne pense pas que je serai capable d’y vivre à l’année (et puis, il n’y a pas de travail…). Mais pour un court séjour, pour la découverte de la communauté et pour l’expérience de volontariat, je le conseille vivement (notamment début septembre, car vous assistez aux semaines d’intégrations des étudiants américains). Aujourd’hui encore, j’ai du mal à trouver mes mots et à exprimer de manière claire tout ce que j’ai pu ressentir là-bas en forêt !

La petite maison choupi de Dianne

La petite maison choupi de Dianne

J’ai encore ce gout dans la bouche. Ce dernier café, dans la petite maison de Dianne, la cuisinière… Je revis alors l’été de mes 14 ans : je rentre de colonie et je pleure dans le bus, dans les bras des monos, parce que je ne veux pas rentrer à la maison…! Cette fois-ci, rebelote, sauf que j’ai désormais 28 ans, je n’ai pas de maison, je fait des « hug » à n’en plus finir et je pleure dans un ferry ! Et oui, j’avoue, je n’ai pas bien supporté de voir Cortes Island s’éloigner dans la brume… Quelques larmes de tristesse ont ainsi rejoint le Pacifique. Que voulez-vous, ce fut électrisant ici…

Quel bonheur cela aura été de travailler pour ce centre… Quel bonheur cela aura été de ressentir la puissance (tout comme la fragilité) de cette île préservée. Ah, quel bonheur… Tout simplement.
Merci à tout le staff du Channel Rock et à l’école BGI, merci à Owen et Sergé, et merci à Cortes Island d’avoir croisé ma route. Quelque chose a définitivement changé en moi, et cela grâce à vous.

La maison de Gilean - My sweet paradise

La maison de Gilean – My sweet paradise

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8 réflexions au sujet de « Vivre sur une île au Canada #3 – Cortes Island, « The Channel Rock » »

  1. Pouah!!!ça c’est de l’article, j’avais l’impression de ressentir les choses en même temps que toi. Tu as réussi à retranscrire une partie de tes sentiments (je suis sûre que d’autres sont inexplicables) Comme tu le racontes ça à l’air vraiment énorme cet île, tu pourras faire le témoignage de cet endroit inconnu par les canadiens 🙂
    Prends soin de toi et bonne nouvelle découverte!!
    Gros bisous ma Titi à bientot sur Skype!!!

  2. Hello Laetitia, merci (encore !) pour ce très bel article, aussi utile que touchant. Je me permets de te poser une question très « terre-à-terre » : est-ce que tu me conseilles de contacter Cortes (et les autres hôtes WWOOF de manière général) avec plusieurs semaines d’avance pour m’annoncer ou mieux vaut que j’improvise mes étapes au fur et à mesure du voyage ?
    J’hésite entre m’assurer par avance avec des « réservations » ou voyager en me laissant la possibilité de prendre mon temps sur la route.

    • Bonjour François ! Alors ça dépend des endroits, mais oui je te conseille de réserver à l’avance car les destinations comme Cortes Island sont prisées et très rapidement remplies. De nombreux wwoofers du monde entier demande à faire du bénévolat entre mai et septembre. Au Yukon en ce moment, tous ceux qui demandent des wwoofing de dernière minute se font recaler car tout est rempli. Il y en a toujours quelques uns de disponibles mais ce n’est pas toujours le top… Pour certains endroits, j’ai parfois demandé 3 ou 4 mois à l’avance. Par contre pour d’autres, j’ai tout fait un mois à l’avance, voire 10 jours à l’avance le jour où je me suis fait planter dans les rocheuses ! Il y aura toujours de la place quelque part, mais si tu as un coup de coeur, demande au plus vite, quitte ensuite à assouplir ton arrivée une semaine plus tôt ou plus tard. Au moins ils auront réservé ta place 🙂 Bon voyage !! (n’hésite pas à contacter Cortes maintenant)

      • Hello Laetitia, c’est fait, j’ai contacté l’équipe qui m’a répondu aussitôt. J’y passerai 3 semaines mi-août. Tu m’auras guidé vers eux, je te remercie beaucoup pour cela :). Au plaisir de te lire, bonne route !

        • SUPER nouvelle ça ! Je suis contente pour toi, j’espère vraiment que tu vas aimer ! 🙂 Avec de la chance tu verras les étudiants de BGI, je pense qu’ils arrivent début septembre. J’espère que tu verras aussi Dianne, la cuisinière. Bonjour de ma part à Stéphanie (si elle se souvient de moi ;-)) Enjoy !!

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